
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
C’est avec plaisir que nous nous retrouvons à l’occasion de cette Assemblée générale pour présenter le bilan de nos travaux et réaffirmer la détermination du Conseil à poursuivre, dans le cadre des missions qui lui sont confiées, l’accompagnement du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique.
Comme chacun sait, notre institution constitutionnelle tire sa légitimité des missions que lui assigne la Constitution, ainsi que de la crédibilité de ses diagnostics et de l’objectivité de ses analyses et de ses évaluations. Ces fondements lui permettent de produire des rapports, des avis et des recommandations à même de contribuer à accélérer la transformation nécessaire de notre système éducatif à travers la réforme dont la Vision stratégique a fixé l’horizon à 2030.
Ainsi, le Conseil ne peut accompagner efficacement l’évolution du système d’éducation et de formation, ni être à la hauteur de sa légitimité constitutionnelle et de la place qu’il occupe dans le paysage éducatif et de formation, tant au niveau national qu’à l’étranger, que si l’ensemble de ses productions, qu’il s’agisse de rapports, d’avis, de recommandations ou d’évaluations, se distinguent par leur objectivité, par la solidité de leurs analyses et la crédibilité de leurs évaluations.
De même, le Conseil ne peut avoir d’impact réel dans le champ éducatif que si ses productions trouvent un prolongement et un écho dans les milieux de l’enseignement, de la formation et de l’université, et alimentent un débat public constructif autour de l’école et de l’université.
Au sein du Conseil, l’ambition partagée est de veiller à ce que ses productions soient marquées par l’objectivité, la rigueur du diagnostic scientifique et la solidité de l’analyse, de manière à refléter l’engagement et l’adhésion de l’ensemble de ses membres à la qualité de notre action.
Mesdames et Messieurs,
L’éducation évolue aujourd’hui dans un monde en mutation rapide, sous l’effet des avancées technologiques, du numérique, des sciences de l’éducation et de l’abondance de l’information. Il nous appartient donc, en tant qu’acteurs de l’éducation et de la formation, de prendre pleinement conscience que la génération Alpha ne peut être éduquée, instruite et formée selon les mêmes approches que la génération Z et celles qui l’ont précédée.
La nécessité de disposer d’une école en phase avec sa génération exige des approches éducatives innovantes et réactives, aussi bien dans les contenus, les curricula et les méthodes d’enseignement que dans les modes de gestion. Car l’enjeu ne réside plus uniquement dans la disponibilité des infrastructures matérielles et technologiques, mais également dans l’adoption de démarches éducatives sans cesse renouvelées, tant dans leurs pratiques que dans leurs contenus.
Le rythme auquel se succèdent les générations est aujourd’hui bien plus rapide que celui de l’élaboration des curricula et des programmes, ainsi que de la préparation, de la formation, de l’encadrement et de l’accompagnement continu des personnels éducatifs.
Dès lors que l’on prend la mesure de cette réalité, apparaît toute l’ampleur de la responsabilité qui incombe à l’ensemble des acteurs de l’éducation et de la formation, ainsi qu’aux institutions qui œuvrent dans ce domaine, parmi lesquelles figure notre Conseil.
Depuis sa création, le Conseil veille au suivi de l’évolution du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, conformément aux missions que lui assigne la loi qui régit son organisation. Il affirme ainsi sa contribution et son efficacité dans le processus de réforme de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.
Ainsi, il y a dix ans, le Conseil a élaboré la Vision stratégique de la réforme 2015-2030, qui a eu un écho et un impact marquants dans l’histoire de l’éducation dans notre pays. Celle-ci a conduit à l’adoption de la loi-cadre régissant le système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, laquelle a, à son tour, laissé une empreinte manifeste dans l’histoire de l’éducation et de la formation.
Le Conseil a également accompagné l’évolution du système d’éducation et de formation durant la première moitié de son mandat actuel à travers la publication d’avis, de rapports et d’autres travaux qui ont mis en lumière la réalité de ce système et renforcé sa contribution à l’analyse de son état au cours du processus de réforme.
À l’approche de la dernière année de cette seconde moitié du mandat du Conseil, qui débutera dans deux mois, les travaux et les évaluations du Conseil devront porter sur les questions qui exigent réflexion et évaluation, afin de mettre en lumière leur caractère structurant pour le système d’éducation, de formation et de recherche scientifique. Il s’agit, en effet, de problématiques qui méritent une attention particulière du Conseil eu égard à leur importance dans le processus de transformation du système éducatif.
Mesdames et Messieurs,
Au fil de son parcours et dans le cadre de l’accompagnement du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, le Conseil a développé les outils méthodologiques nécessaires à l’élaboration de ses rapports, en particulier ceux produits par l’Instance nationale d’évaluation relevant du Conseil, qui nous permettent de connaître l’état du système et d’en suivre l’évolution.
Ces acquis nous invitent à les consolider davantage et à définir un plan efficace d’évaluation et d’étude pour l’année restante de la seconde moitié du mandat en cours.
Toutefois, l’accompagnement du système par le Conseil exige également de prendre en considération les évolutions que connaissent les systèmes d’éducation, d’enseignement supérieur et de recherche scientifique dans les expériences internationales. Une telle démarche permettra à nos travaux de rester en phase avec ces évolutions et de contribuer au renforcement des domaines de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique dans notre pays.
Nous sommes conscients que nous sommes à l’approche de la dernière année de ce mandat, ce qui nous appelle à conjuguer nos efforts pour achever l’ensemble des projets de rapports en cours d’élaboration. Il nous appartient également de finaliser, au sein des commissions, les travaux programmés durant la première moitié du mandat, y compris les rapports de l’Instance nationale d’évaluation, en particulier l’étude approfondie que celle-ci réalise actuellement sur le système de la formation professionnelle.
Nous savons parfaitement que les acteurs du système d’éducation, de formation et de recherche n’épargnent aucun effort pour la promotion de l’éducation et de la formation dans notre pays. Toutefois, toute action doit être suivie d’un temps d’évaluation permettant d’en tirer les enseignements et d’examiner aussi bien les objectifs atteints que ceux qui ne l’ont pas encore été, qu’il s’agisse des objectifs fixés par la Vision stratégique à l’horizon 2030 ou de ceux prévus par la loi-cadre relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique.
En effet, dix ans après l’adoption de la Vision stratégique et six ans après la promulgation de la loi-cadre précitée, le Conseil a entrepris, à travers son Instance nationale d’évaluation, l’élaboration d’un rapport sur : la décennie de la réforme, ainsi que d’autres travaux consacrés à l’évaluation du système à partir d’un ensemble d’indicateurs. Cette démarche s’inscrit dans la mission que la loi confie à cette instance, à savoir la réalisation d’évaluations globales, sectorielles et thématiques.
Dans le même ordre d’idées, outre le rapport analytique sur la décennie de la réforme, l’Instance nationale d’évaluation élaborera le Cadre de performance, qui proposera une évaluation du système sur la base d’indicateurs de performance couvrant les dix dernières années (2015-2025). Elle réalisera également un Atlas territorial des disparités en matière d’éducation.
Ces évaluations ont vocation à mettre en évidence les progrès accomplis par le système éducatif au cours de cette période, en faisant ressortir les domaines ayant enregistré des avancées notables, ainsi que ceux qui nécessitent encore des efforts pour combler les lacunes constatées.
L’ensemble de ces rapports sera étayé par des données fournies par les principaux indicateurs permettant d’apprécier le degré d’efficacité et d’efficience requis pour garantir une éducation équitable et de qualité à tous les enfants de notre pays. Ils mettront également en évidence l’impact des réformes engagées sur la performance du système et sur la qualité de ses composantes.
Nous aurons l’occasion d’examiner les rapports de l’Instance nationale d’évaluation consacrés au bilan de la décennie de la réforme, ainsi que les autres rapports, lors de notre rendez-vous du mois d’octobre prochain.
Nous aurons également rendez-vous en décembre prochain pour finaliser l’analyse des données relatives au rapport du Programme national d’évaluation des acquis des élèves 2026. Ce programme national, réalisé tous les quatre ans par l’Instance nationale d’évaluation relevant du Conseil, vise à mesurer les progrès enregistrés en matière d’acquis des élèves en dernière année de l’enseignement primaire et en dernière année de l’enseignement collégial.
À la lumière des diverses analyses et données qui émaneront des travaux des commissions, et de ceux de l’Instance nationale d’évaluation, le Conseil s’attachera, au cours de l’année restante de ce mandat, à accélérer la finalisation des projets inscrits à son agenda et qui sont en cours de réalisation par les commissions.
L’ensemble de ces travaux d’évaluation nous permettra également de marquer un temps de réflexion collective et prospective sur la période qui nous sépare de l’horizon 2030, fixé par la Vision stratégique comme échéance ultime pour l’achèvement et la mise en œuvre des contenus de la réforme.
Dans cette perspective, le Conseil engagera une réflexion collective sur cette étape décisive qui nous sépare de l’échéance de 2030, retenue pour l’achèvement de la mise en œuvre de la Vision stratégique. Il s’agira, dans un premier temps, d’en élaborer les éléments préliminaires, avant d’en définir ultérieurement le cadre et les modalités d’organisation, en vue de les soumettre à la prochaine Assemblée générale, prévue en octobre ou en novembre prochains.
Mesdames et Messieurs,
Dans quelques instants, notre Assemblée générale sera appelée à examiner deux projets de rapport d’une importance particulière. Le premier, élaboré par la Commission permanente de la gouvernance du système, porte sur le thème :
« L’édification de la nouvelle école à mi-parcours de la réforme ». Le second est intitulé : « Transformation des métiers de l’éducation, de l’enseignement et de la formation : le point de vue des acteurs » et a été élaboré par la Commission permanente des métiers de l’éducation, de la formation et de la gestion.
Pour conclure, Mesdames et Messieurs les membres, je souhaite, avec vous tous et comme à l’accoutumée, plein succès aux travaux de cette Assemblée générale.
Je vous remercie de votre attention.

































